- Miss Swan, quel plaisir de vous voir !
- Combien de fois va t'il falloir que je vous le répète Beckett, c'est Madame Norrington !
- Excusez moi...Miss Swan.
- Assez !
Lizzie lui décocha un regard noir, sa chevelure flamboyante par le soleil sauvagement détachée, lui tombant délicatement sur les épaules.
Elle serra les poings, n'appréciant pas du tout l'intrusion improvisée de Beckett dans sa chambre même.
Cela faisait deux jours, deux jours interminables que James n'était pas rentré. Où était t'il, que faisait t'il ? Lizzie avait hésité a le rechercher à la caserne, mais sa grossesse en étant à 8 mois, le poids de son ventre la pesait tellement, qu'elle se trouvait incapable de marcher plus d'une heure sans appui.
Beckett jubilait, elle le lisait dans ses yeux perçants, et c'est justement cette jouissance qui l'angoissa davantage.
- Que voulez vous ?
Cracha t'elle avec méfiance.
- Vous informez d'une bien triste nouvelle.
Son coeur s'arrêta, le sourir inquiétant de Beckett lui fit redouter la pire des sentences. La mort de James. Son visage renfrogné se transforma en une expression de peur qui raviva le bohneur du Lord. Instinctivement elle posa une main sur son ventre rebondi, comme si ce dernier allait empêcher d'apprendre le pire. Elle sentit l'enfant remuer légèrement, et ses doigts se crispèrent.
- Où est James ?
Demanda t'elle d'une voix blanche.
- Il est partit, il m'a prier de vous dire qu'il ne reviendrait pas. Il a décidé de faire son propre pélerinage, sans doute pour se laver de ses pêchés...
Lizzie tourna légèrement la tête sur le côté, méfiante :
- Qui me dit que je dois vous croire ?
Beckett esquissa un sourir malsain, et lui tendit un parchemin enroulé, qu'elle prit aussitôt :
- Ceci le prouve. C'est une lettre écrit par la main de l'infante d'Espagne, qui demande à ce qu'une flotte de la compagnie des indes anglaises vienne exécuter plusieurs missions périlleuses pour protéger le commerce fluviale espagnole.
Son coeur s'arrêta pendant une minute. Il lui semblait que son sang l'a quittait , et que ses jambes allaient se dérober sous elle. Son regard effrayé parcourut avec douleur l'écriture de la reine, et plus elle lisait ces mots, plus sa force diminuait.
- C'est impossible...
Souffla t'elle en laissant sa main trembler , faisant tomber le parchemin dans un froissement .
Tout lui semblait lointain, les paroles de Beckett devenaient soudainement incompréhensibles, et une colère sourde contre James monta lentement en elle.
- Je crains que si. Cela m'ennuie autant que vous, je tenais à le garder pour...assouvir mon besoin de le retenir travailler.
Lizzie ignora cette réplique, trop affaiblie et rageuse sur cette nouvelle.
- Comment a t'il pu m'abandonner...dans un mois je vais accoucher...
Beckett grimaca en s'approchant d'elle :
- Un autre James naîtra...quel abomination...
CLAC
La gifle était partie toute seule et résonna violemment sur la joue du Lord. Son regard électrique rencontra celui effrontée et sombre de la jeune femme, on aurait dit une louve en furie :
- Encore une remarque sur mon enfant et je trouverait la force de vous étrangler Lord Beckett.
Gronda t'elle en le toisant méprisante.
L'espace d'un instant, Beckett eut peur . Peur de cette futur mère, cette jeune louve rebelle qui ne se soumettait pas à sa présence, et qui lui faisait clairement comprendre que sa mort ne lui causerait aucun remord.
Mais il se reprit bien vite, et se redressa fièrement :
- Soit, soit....sur ce, je vais vous laisser.
Il l'a salua non sans éprouver une envie de l'emmener elle aussi à la potence, puis devant l'ignorance méprisante à son tour de la jeune femme, il recula progressivement, puis se retourna pour sortir.
Lizzie laissa son regard s'attarder sur la porte qui venait de se fermer, la colère s'emmêla à la douleur, et ses yeux s'embuèrent de larmes, elle se laissa tomber à genoux sur le sol, sa main tremblante, attrapa le parchemin, et le déchira violemment :
- James Norrington je te hais !!
Hurla Lizzie en larmes, indifférente aux mouvements plus important du bébé qui se retournait encore une fois.
C'est alors qu'un toc toc derrière elle, l'arracha à sa crise. Folle de douleur et de rage, elle tourna un visage barbouillé de larmes vers le balcon, et son coeur manqua un battement de surprise.
Quelqu'un se trouvait derrière la baie vitrée.
- Gillette !
Elle se releva difficilement, alourdie par son ventre, et se précipita pour ouvrir.
L'officier la salua poliment, et s'attarda un instant sur le ventre proéminent de la belle, il ne s'attendait pas à voir sa grossesse aussi proche ! James lui avais bien parler d'un bébé, mais il ne se doutait pas que c'était pour bientôt !
- Que faites vous ici ?
Il reposa son regard sur la jeune femme, et enleva son chapeau , impressionné par la beauté et la force que dégageait la damoiselle, malgré les traces de pleurs qui sillonaient ses joues.
- Hem, eh bien je ...je suis venue vous dire que la raison de Beckett sur l'abscence de l'amiral Norrington n'est que pure mensonge.
Il triturait nerveusement son chapeau et dansait d'un pied sur l'autre.
Lizzie fronça les sourcils :
- Comment ?
- J'étais présent lorsque Lord Beckett est venu voir l'amiral. Il a évoqué son passé de pirate, et...
- Et ?
- Il l'a arrêté et condamné à la potence dans deux semaines. La lettre qu'il vous a donné est fausse, si vous regardez bien l'état du papier, il est jauni, elle date d'il y a 3 ans. Et la demande de protection de l'infante d'Espagne est impossible actuellement, étant donné que les relations entre nos deux pays sont extrêments tendues.
Le coeur d'Elisabeth fit des bonds prodigieux, le sang lui tourna, et sous le coup de l'émotion, elle s'effondra, rattrapée a temps par Gillette qui l'asseya délicatement sur un fauteuil.
- Madame Norrington...réveillez vous...Madame Norrington...
Elle reprit vite connaissance, mais son teint était livide.
- Quelle sotte j'ai été de croire cet abominable rat. Je savais qu'il ne pouvait pas me quitter comme ça..oh mon dieu...condamné à être pendue...j'aurait dû intervenir...
- Vous ne pouviez pas savoir Madame, l'acte de Beckett a surpris tous les autres de la marine, si peu de temps après le grade de l'amiral, personne ne se doutait qu'il serait capable d'une tel abomination.
Les yeux chocolats brillaient de larmes :
- Sans vous je n'aurai pas sû..je vous dois beaucoups Gillette..
L'officier rosit légèrement et bredouilla un :
- Oh ce n'est rien...
- Non ce n'est pas rien, grâce à vous je sais que James ne m'a pas brisée, si j'arrive à le sortir de cette histoire, sachez que James et moi vous en serions éternellement reconnaissants.
Le jeune homme esquissa un sourir nerveux, et Lizzie s'empressa de demander :
- Où est t'il aujourd'hui ?
- Dans les jôles de la prison il me semble, cela fait seulement une semaine qu'il est enfermé, mais je crains qu'il ne retourne dans la débauche...
Le visage de la belle s'assombrit, une lueur d'angoisse brilla dans ses yeux :
- Nous devons le sauver. Je crois savoir à qui je dois faire appel.
Gillette l'a fixa, interrogateur, puis au bout d'un moment, secoua la tête :
- Vous n'y pensez pas Madame, avec tout le respect que je vous dois, il n'est peut être pas bon de l'appeler ...lui...
- Nous n'avons pas le choix Gilette. Il le faut, pour James.
Il étouffa un soupir, et aida Lizzie à se relever :
- Si tel est votre choix, mais nous devons tenir cette intervention secrète, car si jamais un de mes supérieurs apprends que je vous aide avec un....
- Ne vous inquiétez pas, personne ne le saura. Soyez sans crainte mon brave. Il sait se faire discret.
- Si vous le dites Madame...si vous le dites...
- Bien, je dois aller écrire une lettre pour ce cher homme, préparez tout ce qu'il faut pour l'accueillir, dans la plus totale discrètion bien évidemment.
- A vos ordres Madame Norrington.
- Merci encore.
Elle lui déposa un baiser sur la joue, ce qui le fit rougir encore plus, et elle fonça dans le salon.
Ce fut au début de la dernière semaine pour James, qu'un bateau noir, d'une taille imposante, mouilla sur le port de la ville, où attendaient Elisabeth et Gillette.
Le jour J arriva à toute allure. Elisabeth ne put arriver qu'au moment où James montait les marches de la potence. Retenue pour finir les derniers détails du sauvetage, et informer l'arrivant du bateau noir de ce qu'il devait faire, ce qu'il lui avait répondu avec son habituel sourire goguenard :
- J'ai peut être un compas qui ne marche pas, mais je ne deviens pas guagua pour autant !
Et devant le regard de reproche de la belle, il s'empressa d'ajouter dans un clin d'oeil complice :
- Ne t'inquiète pas milaidy, c'est un jeu d'enfant pour moi ! Je sais bien que tu es ravie de me revoir !
- Ne gaspillez pas votre salive mon cher, j'ai fait appelle à vous uniquement pour sauver James, notre marché est signé, vous aurez votre part après. Ce n'est pas pour le plaisir de vous parlez !
- Oui oui, sauvez Norrington, mais je sais qu'au fond de toi je te manquais !
- Je dois partir maintenant ! Bientôt ce sera à vous !
- Je prends ça pour un " Oh oui vous me manquiez Jack, je vous aime tellement !"
- Jack Sparrow ! Arrêtez vos enfantillages et filez vous préparez !
- Comme tu voudras milaidy...
Il fit quelques pas pour contourner la jeune femme, puis s'arrêta et risqua un :
- Même pas un bisou ?
Ce qui lui valut en réponse un : " SORTEZ !!" profondément agacé.
Elle dut jouer des coudes pour se faire une place au premier rang, juste en face de la pendaison. Les derniers mots de James résonnèrent, et son coeur fondit aussitôt, des larmes vinrent briller dans ses yeux, et elle se garda bien de lui répondre, même si elle en mourait d'envie. Cachée par son mantel noir, et son large capuchon, qui couvrait son visage, elle gardait ses mains jointes comme en prière, pour se faire passer pour une religieuse venue prier pour le salut de l'âme du jeune homme. Heureusement, le mantel cachait aussi son gros ventre, ce qui lui évitait les regards offusqués des autres. Une religieuse enceinte ne passait jamais bien aux yeux des gens.
Un silence se fit après la tirade de son homme. Son coeur battait la chamade, et ses tempes claquaient sourdement à ses oreilles. Elle se rassurait comme elle pouvait, tout se passerait bien...tout était préparé, tout se passerait bien...
Le boureau resserra la corde autour du cou de James, et Elisabeth dû fermer les yeux pour ne pas s'effondrer de terreur à l'idée que tout échoue et que ce serpent de tissu n'y répande son venin.
Au moment où le boureau recula pour attraper la corde tendue, et actionner la force, le temps sembla se figer pour Elisabeth. Son coeur sembla imploser dans sa poitrine, et sa respiration se coupa net, les yeux fermés,les paumes de ses mains se collèrent encore plus entre elle, et elle murmura des paroles de prières, terrifée à l'idée que Jack n'accomplisse pas ce qu'il devait faire.
- Attendez l'ami j'ai une objection !
La voix de Sparrow claqua dans l'air, et le coeur de Lizzie sembla reprendre vie. Tous étonnés, même le bourreau qui en lâcha la corde, levèrent la tête pour voir d'où provenaient la voix. Beckett aperçut enfin le pirate, fiérement dressé sur le toit du bâtiment, le saluant d'un sourire moqueur :
- Heureux de vous revoir l'ami !
- VOUS !
- Moi !
- LUI !
Hurla rageusement le boureau .
- Vous aussi !
Répondit joyeusement Jack dans un grand sourir.
- Je refuse que ce pirate empêche la pendaison, ATTRAPEZ LE !
Tempêta Beckett en tournant un visage de fureur sur les soldats qui s'empressèrent en masse de foncer sur la porte.
Elisabeth trouva la force de lever le regard et vit Jack faire diversion en sautant agilement du toit pour disparaître derrière...
Tout se passait comme prévue, l'attention de Beckett et des gardes se trouvaient fixées sur le pirate. La foule s'exclamait, surprise, et la plupart suivirent bêtement le mouvement des soldats qui poursuivaient Jack.
Lizzie inspira profondément, maintenant, c'était à son tour d'intervenir.
Tout en gardant son mantel noir, et sa capuche qui lui cachait le visage, elle s'avança à pas vif vers la pendaison, grimpa fiévreusement les marches, qui la menait à James, et assena un violent coup de poing au bourreau qui trop stupide pour accumuler deux situations à la fois, tomba mollement à terre.
Ses mains tremblaient, tout son corps tremblait, de peur, de bohneur de pouvoir le toucher, le frôler, inspirer son odeur, le garder vivant.
Ne prononçant aucune parole, elle s'empressa de lui ôter la corde au cou, et se cachant toujours, lui prit la main en tremblant encore plus, d'une pression qui allait lui faire comprendre qui elle était, elle l'incita à la suivre, et descendis les marches, pour courir le tenant toujours par la main, jusqu'a la sortie , puis elle l'emmena dans une ruelle sombre, à l'abri des regards, et s'arrêta contre le mur, protéger par l'étroitesse de la ruelle.
Essouflée, par la course, et affaiblit par son ventre, Lizzie lâcha la main du commodor, et la posa fébrilement sur la joue masculine, tremblante de tout son corps, s'assurant qu'il n'était pas blessé .
Elle enleva sa capuche, lui découvrant le visage, blafard par la terreur qu'elle avait accumulé durant ses trois semaines, et davantage aujourd'hui, mais les yeux brillants d'émotions :
- J'ai eu si peur...
Hoqueta t'elle en larmes, ne pouvant les retenir...
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Elisabeth and James Norrington, it's the beginnin of love story for the life...
